Au fil de nos projets architecturaux, nous avons rapidement compris qu'il était impossible de concevoir une architecture véritablement écologique sans prendre en compte son contexte et son territoire.
L'écologie est une notion systémique. Elle ne peut pas se limiter à l'échelle d'un bâtiment. Concevoir un bâtiment bas carbone est une première étape, et obtenir des certifications telles que HQE ou BREEAM témoigne de la qualité de sa réalisation. Mais peut-on réellement qualifier un bâtiment d'écologique s'il n'est pas capable de s'adapter aux évolutions climatiques, environnementales et sociales de demain ?
Pour répondre à ces enjeux, un bâtiment doit dialoguer avec son environnement. Il doit participer à la création d'îlots de fraîcheur en favorisant la circulation naturelle de l'air, récupérer et infiltrer les eaux pluviales afin de limiter les risques d'inondation tout en préservant la ressource en période de sécheresse, accueillir une végétation abondante, favoriser la biodiversité et contribuer à la production d'énergie. Très vite, cette réflexion dépasse le cadre de l'architecture pour rejoindre celui de l'urbanisme.
Chez XTU, nous avons étudié des contextes climatiques très variés, non seulement pour développer des solutions adaptées, mais aussi pour apprendre des savoir-faire locaux et des réponses développées par différentes cultures face à leur environnement, afin de les réinterpréter dans nos projets.
Au Maroc, nous avons découvert des approches particulièrement avancées en matière de réutilisation des eaux grises. En Arabie saoudite, nous nous sommes inspirés des tours à vent et des qanats, ces systèmes ancestraux permettant de capter la fraîcheur et d'acheminer l'eau jusque dans les régions désertiques. À La Réunion, nous avons approfondi nos stratégies de ventilation naturelle adaptées au climat tropical. Au Kazakhstan, l'étude des yourtes nous a permis d'explorer des principes remarquablement efficaces de ventilation et d'isolation.
Pour nous, le métier d'architecte-urbaniste consiste à enrichir continuellement cette connaissance collective. Chaque projet devient une occasion d'apprendre, de mieux comprendre les spécificités d'un territoire et d'apporter des réponses toujours plus pertinentes, adaptées et résilientes face aux défis environnementaux d'aujourd'hui et de demain.